Bonjour à toutes et à tous, Alors que notre pays s'apprête à vivre un nouvel épisode de canicule, les data centers vont-ils résister aux fortes chaleurs ? Car au-delà de 45 degrés, la panne devient une menace réelle. En juillet 2022, pendant une canicule historique au Royaume-Uni, Google et Oracle ont coupé volontairement leurs serveurs pour faire face aux fortes chaleurs et éviter les court-circuits. À Phoenix, aux États-Unis, à l'été 2025, face aux 49 degrés affichés sur le thermomètre, c'est une interruption en cascade qui s'est produite. Cet été à nouveau, la matérialité de la technologie nous rattrape et nous force à regarder la machine en face. L'intelligence artificielle est bel et bien tangible, et son impact environnemental s'accélère aussi vite que son développement économique. Il est temps de prendre la pleine mesure de ce bouleversement thermique. C'est pour explorer ces enjeux que nous avons conçu Chut! N°21 - IA, le choc thermique, un outil indispensable pour comprendre les défis de demain, disponible à l’unité ou via l’abonnement soutien. | | → Installez-vous confortablement, c’est parti ☕ | | | | | La récente canicule a jeté un froid sur les plateaux climatisés de BFMTV ou CNEWS : des scientifiques ont été invité·es pour parler du réchauffement climatique et en ont profité pour alerter sur l’obstruction climatique, c’est-à-dire ces bâtons dans les roues institutionnels ou idéologiques qui empêchent de mettre en place de vraies stratégies d’adaptation au réchauffement climatique. Suite à leurs passages télévisés, le climatologue Christophe Cassou et l’économiste du climat Vincent Viguié sont devenus la cible des climatosceptiques (et pas que) sur les réseaux sociaux, dont X. Une déferlante de haine, par écrans interposés, aux conséquences bien réelles. Parmi celles et ceux qui prennent les scientifiques à partie, on retrouve des anonymes, mais aussi des journalistes et des responsables politiques. Comme Géraldine Woessner, journaliste au Point, François de Rugy (Les Républicains) et Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement National). Une dérive inquiétante, quand on connaît le sort des scientifiques de l’environnement sous d’autres gouvernements, dont celui de Donald Trump, par exemple... | | En matière de sciences dites « dures », d’ingénierie, de mathématiques et d’informatique, les femmes restent encore peu présentes, particulièrement dans les métiers et domaines techniques. L’organisation Women in STEM Europe, qui vise à créer un écosystème d’influence dédié à l’accompagnement et à l’accélération du leadership des femmes dans les STEM, a créé son propre prix pour visibiliser celles qui sont peu visibles. L’objectif ? Révéler des rôles modèles et célébrer l’excellence de celles qui façonnent l’avenir scientifique et technologique. Le prix est composé de six catégories : selon la spécialité (mathématiques, sciences, etc.), mais aussi un prix « jeunes talents » et un prix du « rôle modèle de l’année ». Les profils seront passés au crible par un comité d’expert·es de l’industrie, et les prix seront remis à l’occasion d’une grande cérémonie en octobre 2026. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 31 juillet en français et en anglais. | | L’utilisation de l’intelligence artificielle générative est-elle un nouveau marqueur gauche-droite ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser à la lecture d’une étude réalisée par l’Observatoire Data Publica, qui a collecté et analysé près de 300 propositions dans les villes de plus de 100 000 habitants à l’occasion des élections municipales. Une étude assez unique, puisqu’elle se concentre sur les propositions liées à l’IA, à la data et au numérique. Et les résultats sont surprenants : si deux programmes sur trois s’emparent de ces enjeux, la place des technologies dans les propositions varie. Ainsi, 48 % des propositions électorales liées au numérique concernent l’IA, qui n’existait quasiment pas dans les programmes lors des dernières municipales. La data et le numérique « classique » occupent le reste des propositions. Mais les propositions liées à l’IA varient selon les mouvances politiques : à droite et au centre, l’IA est un outil de gestion et d’innovation économique. À l’extrême droite, c’est un outil de surveillance associé aux enjeux de sécurité. Du côté de la gauche et des partis écologistes, on parle d’IA pour parler de gouvernance et d’éthique. Comme quoi, l’IA n’est plus seulement un mot à utiliser à toutes les sauces dans le débat politique, mais un véritable enjeu de pouvoir. | | Google, Microsoft, Amazon : zou, pas chez nous ! L’Inde, l’un des plus grands pays de l’Asie du sud-est, a conclu un accord avec les Émirats arabes unis afin de développer un supercalculateur souverain. Une manière de se défaire de l’emprise des géants américains de la tech et d’essayer de rattraper son retard en matière d’intelligence artificielle. Mais aussi de dessiner une « troisième voie » dans la course à l'IA entre les États-Unis et la Chine. Le gouvernement indien a ainsi investi 1,24 milliard de dollars dans l’élaboration et le développement d’IndiaAI, un « portail Web lancé par le gouvernement indien en mai 2022, pour les développements liés à l'intelligence artificielle en Inde ». Le but ? Que cette plateforme devienne incontournable pour les secteurs public et privé en Inde. Reste à voir si ces technologies indiennes font leur chemin dans la vie quotidienne des habitant·es. | | On entend fréquemment qu’on ne « peut plus rien dire », ou encore qu’on ne peut plus « rire de tout ». Mais c’est surtout la portée émancipatrice du rire qui semble s’émousser, tant il apparaît aujourd’hui fréquemment mobilisé comme instrument de domination. Entre saluts nazis goguenards, mèmes cyniques et vidéos absurdes générées par l’intelligence artificielle, l’administration Trump et ses suiveurs récupèrent un rire trollesque typique d’une culture développée en ligne. Face à ce rire fasciste, quelles sont les oppositions possibles ? C’est ce qu’explore Denis Saint-Amand, spécialiste des poétiques de la parodie et de la satire, dans cet essai éclairant. Contrer le rire fasciste, Denis Saint-Amant, Rue de l’Échiquier, 14 euros.
| | Comment les jeunes s'informent-ils ? Comment se défendre face aux fake news, aux dangers de l'IA ou aux théories complotistes ? C’est la question centrale de ce documentaire, qui a été co-construit avec celles et ceux qu’on filme, au cœur d'un dispositif dédié à l'éducation aux médias et à l'information. Pendant plusieurs mois, les jeunes interviewé·es débattent, développent leurs centres d’intérêt, sortent de leur zone de confort, fabriquent de l’information... Un documentaire qui donne à voir des pratiques riches et variées d’auto-défense intellectuelle. Détecteurs de mythos, à l'attaque des fake news, 58 min, Infrarouge, disponible en ligne | | Comme chaque année, la ville d’Avignon accueille l’un des plus gros festivals liés au spectacle vivant. À l’occasion du Festival d’Avignon, le Grenier à sel propose un pas de côté avec Aires Numériques, une programmation dédiée aux formes immersives et numériques dans le spectacle vivant et les arts visuels. On peut ainsi y voir une pièce de théâtre en réalité augmentée sur le futur, des installations performatives de robots, un spectacle vivant en plusieurs langues sur une dystopie technologique, ou encore des tables rondes et réflexions sur la place des technologies dans l’art. Aires Numériques #7, le Grenier à Sel, Avignon, du 11 au 23 juillet 2026, prix allant de 0 à 18 euros.
| | Merci d'avoir lu cette newsletter jusqu'au bout ! On vous l'a transférée ? Inscrivez-vous ici 💌 | | Et un petit mot sur Chut! avant de se quitter... | | La newsletter Mute est le prolongement de nos revues Chut! Magazine & Chut! Explore qui font le pari du format papier pour parler de numérique, de technologies et d'IA. Pourquoi un tel choix quand notre objet d'étude est dématérialisé ? Justement pour cette raison-là. Parce que le papier offre un temps de réflexion qui permet de prendre de la hauteur face aux grandes transformations qui traversent notre société, loin des notifications intempestives. Et parce que, quoiqu'on en dise, le papier a toujours sa place, il procure du lien, donne envie de se partager, et est même une forme de résistance face à l'accélération induite par les technologies. Chut! est un média indépendant, qui se développe grâce à sa communauté de lectrices et lecteurs abonné·es, et qui propose deux revues et un livre : - Chut! Magazine est un trimestriel pour les adultes, disponible également en ligne pour ses abonné·es.
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- L'Atlas de la tech, les cartes du numériques, format beau livre pour explorer le numérique de façon ludique et pédagogique.
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